Dépêches AFP - “Contrat social multipartite” (CSM)
Yann OLLIVIER

STRASBOURG (Conseil Europe) - Apprendre à reprendre pied après avoir été emporté par la spirale du surendettement: c’est l’objectif d’un projet parrainé par le Conseil de l’Europe qui a tiré mardi un bilan positif des premiers mois de cette expérience menée à titre expérimental en Alsace.

Lors d’une cérémonie mardi au siège strasbourgeois de l’organisation intergouvernementale paneuropéenne, dix chômeurs en fins de droits ont signé à leur tour un “Contrat social multipartite” (CSM), tandis que leurs prédécesseurs --des surendettés dont le contrat vient d’arriver à échéance en décembre-- ont annoncé leur intention de créer une association pour maintenir les liens créés à cette occasion.

Le Conseil de l’Europe d’ordinaire plutôt présent sur les grandes campagnes européennes en faveur des droits de l’Homme ou de la protection des minorités, a choisi cette fois de s’impliquer directement sur le terrain à l’échelle locale.

Pendant près d’un an, une dizaine de “naufragés du crédit” ont ainsi bénéficié du soutien multiforme d’associations partenaires du CSM, parmi lesquelles la Chambre régionale du surendettenient social (Cresus) des associations de commerce équitable ou le Secours catholique.

Sur les dix premiers, trois ont pu effacer leurs dettes à l’issue du projet, mais ils ont demandé à continuer, sous la forme d’une association, s’est félicité Jean-Louis Kiehl, directeur de Cresus.

Alsace l’un des architectes du projet.

Cresus a déjà suivi 15.000 familles surendettées en Alsace. Dans le cadre du CSM, il ne s’agissait pas d’effacer les dettes d’un coup de baguette magique ou de faire de l’assistanat traditionnel, mais d’associer les bénéficiaires de manière responsable pour leur apprendre à se réinsérer dans la société. L’aide apportée est “plus immatérielle que matérielle”, souligne Gilda Farrell du service des politiques sociales au Conseil de l’Europe.

L’aide financière a de fait été symbolique: tout au plus les signataires ont-ils bénéficié d’un livret d’Epargne solidaire bloqué pendant deux ans et crédité d’un montant initial de 100 euros, du financement des frais de déplacement aux différentes activités et réunions, ou encore d’un panier de légumes à prix réduit dans une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap).
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